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Pourquoi tes ongles en gel se décollent (et comment arrêter de perdre des clientes)

Tu connais ce moment. Une cliente te recontacte cinq jours après sa pose. Le ton est poli, mais le message est clair : un ongle s'est décollé. Tu proposes une retouche gratuite, tu souris, et à l'intérieur tu te sens nulle. Tu te demandes si tu es vraiment faite pour ce métier.

Je vais te dire une chose tout de suite : ça ne fait pas de toi une mauvaise prothésiste. Ça fait de toi quelqu'un à qui personne n'a jamais expliqué la vraie cause du problème. Et cette cause, ce n'est presque jamais celle que tu crois.

Ce n'est ni ton gel, ni ta cliente

Quand un ongle se décolle, le premier réflexe c'est de remettre en question son matériel. On change de marque de gel, on rachète une lampe, on teste une nouvelle base. Et parfois ça va un peu mieux pendant deux semaines, puis le problème revient. Logique : on a soigné le symptôme, pas la cause.

Le deuxième réflexe, c'est d'accuser la cliente. Elle fait la vaisselle sans gants, elle se ronge, elle ne revient pas assez souvent pour son remplissage. C'est parfois vrai. Mais si ça t'arrive avec plusieurs clientes différentes, le point commun, ce n'est pas elles. C'est ton protocole.

Et c'est une excellente nouvelle. Parce qu'un protocole, ça se corrige. Une fois que tu sais où ça coince, tu n'y reviens plus.

La vraie cause se joue avant même le gel

Dans neuf cas sur dix, le décollement se décide pendant la préparation de l'ongle, pas pendant la pose. La préparation, c'est cette étape qu'on a tendance à expédier parce qu'on n'a pas l'impression qu'elle « compte » vraiment. Elle compte plus que tout le reste réuni.

Le problème le plus fréquent, c'est l'excès d'humidité et de gras sur l'ongle naturel au moment de poser la base. Un ongle mal déshydraté, c'est comme du scotch qu'on colle sur une vitre embuée : ça tient une heure, puis ça lâche. La déshydratation et le primer ne sont pas des options, ce sont les fondations de ta tenue.

Vient ensuite la question des contours. Le gel qui déborde sur la peau ou qui n'épouse pas parfaitement la zone des cuticules crée des points de tension. Et un point de tension, c'est une porte d'entrée pour l'eau et l'air. C'est là que le soulèvement commence, discrètement, avant de gagner toute la tranche.

Enfin, il y a la catalysation. Une couche trop épaisse, une lampe inadaptée à ton gel, un temps de séchage approximatif : le gel n'est pas polymérisé à cœur. Il a l'air dur en surface, mais en dessous il bouge encore. Et ce qui bouge, ça décolle.



Comment je règle ça avec mes élèves

Quand une prothésiste arrive chez moi en me disant « mes poses ne tiennent pas », on ne commence jamais par parler de produit. On reprend le geste, depuis le début, sur modèle réel. Parce qu'on peut lire cent articles, rien ne remplace quelqu'un qui regarde ta main travailler et qui te dit « là, tu as laissé trop de gras » ou « là, ta couche est trop épaisse ».

C'est tout l'intérêt de travailler en petit groupe. Chez Ongles et Reflets®, on est quatre élèves maximum, sur de vrais modèles, pas sur des capsules posées sur la table. Je passe derrière chaque geste. Et en général, le déclic se fait dans la première journée : tu vois exactement le moment où, jusqu'ici, ta tenue se jouait.

Une fois que tu maîtrises ta préparation et ta catalysation, tout change. Tes poses tiennent les trois à quatre semaines prévues. Tes clientes reviennent pour leur remplissage, pas pour une réparation. Et surtout, tu arrêtes de travailler avec cette petite boule au ventre à chaque fois que ton téléphone sonne le lendemain d'une pose.

C'est exactement ce qu'on corrige ensemble en formation remplissage gel. Pas de théorie en l'air : des gestes, de la pratique, et une méthode que tu pourras refaire seule le lundi suivant.

Si tu reconnais ta situation dans ce que je viens de décrire, ne reste pas seule avec tes décollements encore six mois. Viens corriger le tir.

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